Le mot « antipasti » vient de l'italien anti (« avant ») et pasto (« repas ») : littéralement, ce qui se mange avant le repas. Loin d'être un simple hors-d'œuvre, l'antipasto ouvre officiellement la table italienne. Il donne le ton, met en appétit et installe la convivialité avant que les plats plus consistants n'arrivent.
Dans la séquence classique du repas italien, l'antipasto occupe la toute première place. Il précède le primo (le premier plat, à base de pâtes, de risotto ou de soupe), lui-même suivi du secondo (le plat principal de viande ou de poisson), accompagné parfois d'un contorno (l'accompagnement de légumes), avant le dolce (le dessert). L'antipasto n'est donc pas l'entrée telle qu'on l'entend en France : c'est un service à part entière, pensé pour éveiller le palais.
Cette place inaugurale explique tout le soin qu'on lui accorde en Italie. Un bel antipasto se compose comme un tableau : quelques produits simples, choisis pour leur fraîcheur, mis en valeur par un filet d'huile d'olive, une pincée de sel et un peu de basilic. La logique n'est pas l'abondance mais la justesse — on ouvre le repas, on ne le termine pas. C'est aussi un moment social : les assiettes arrivent au centre, on se sert, on discute, la table se met à vivre.